Avant-propos

Cet ouvrage n’est pas un traité de colposcopie. Il n’est pas non plus un traité d’histopathologie du col utérin et du vagin. C’est la raison pour laquelle il ne contient ni étude théorique, ni statistique, ni bibliographie. Il se propose seulement d’être un manuel, un guide apportant aux gynécologues les notions de base leur permettant d’apprendre la colposcopie seuls. Une place prépondérante y est faite aux dysplasies et aux cancers et, parmi ces derniers, aux cancers occultes et aux petits cancers. La colposcopie est en effet l’examen clé dans le diagnostic et le traitement des dysplasies, mais, sous la dysplasie de surface peuvent se cacher des cancers infracliniques dont la méconnaissance peut être lourde de conséquences.

Nous exprimons notre gratitude à ceux qui nous ont permis d’apprendre la colposcopie. René Musset nous a confié un colposcope il y a près de quarante ans. Alors que s’affrontaient les partisans de la colposcopie et ceux des frottis, il essayait de faire comprendre que ces deux méthodes étaient complémentaires et non pas concurrentes. Le temps lui a donné raison.

Gustave Mestwerdt, grâce à son Atlas, a guidé nos débuts dans la colposcopie. René Moricard nous a appris à lire une coupe histologique en nous mettant en garde contre les interprétations hasardeuses et en nous apprenant à ne pas confondre coïncidence et causalité. Violette Nuovo nous a fait comprendre que certaines lésions pouvaient échapper à un colposcopiste non prévenu du résultat des frottis.

Ce livre résume l’enseignement donné d’abord dans le service du professeur René Musset à l’Hôtel-Dieu de Paris, puis dans notre propre laboratoire. Cet enseignement a pris forme et s’est modifié au fil des ans, à l’occasion de dialogues avec les participants. Enseigner, ce n’est pas seulement un devoir, parfois négligé par ceux-là mêmes qui en ont sollicité la charge. C’est la joie d’apporter aux autres ce que l’on sait. Mais c’est surtout la meilleure façon d’apprendre. Notre gratitude va aux centaines d’étudiants qui, par leurs questions et leurs critiques, nous ont obligés à réfléchir et à tenter d’expliquer. Leur enthousiasme, leur soif d’apprendre, restés intacts après tant d’années d’études, nous ont encouragé à poursuivre notre objectif : former des colposcopistes capables de comprendre ce qu’ils voient et de prendre des décisions thérapeutiques.

J’ai trouvé en ma fille, le docteur Isabelle Cartier, une de mes meilleures et, tout naturellement, une de mes plus chères élèves.

Très tôt, elle s’est intéressée à la colposcopie. Elle a consacré beaucoup de son temps et de ses recherches à l’étude de l’histoire naturelle des dysplasies, en publiant une thèse sur leur traitement.

Aujourd’hui, son aptitude et ses connaissances dans ce domaine sont, pour moi, un sujet de grande fierté.

Pour cette troisième édition, elle a été non seulement une aide précieuse, mais également une inspiratrice à laquelle je dois beaucoup.

Dans la première édition de ce livre, les laboratoires Roussel ont permis que soient utilisés les clichés que nous avions publiés dans le troisième Atlas d’endoscopie Roussel paru en 1974. Ce mécénat a largement contribué à la naissance de cet ouvrage. Nos remerciements vont également à Mme Michelle Casties et à M. Michel Politur, de l’Atelier Nice, qui ont réalisé la maquette. Nous remercions enfin les techniciennes et cytotechniciennes de notre laboratoire qui ont confectionné et photographié les préparations cytologiques et histologiques.